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Cession de parts sociales au Maroc en 2026 : cession partielle, cession totale d'entreprise, fiscalité, formalités juridiques et loi de finances 2026

Omar ELALAMI TREBKI
Omar ELALAMI TREBKI
Fondateur — Expert-Comptable & Commissaire aux Comptes
19 Juin 202627 min de lecture
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Cession de parts sociales au Maroc en 2026 : cession partielle, cession totale d'entreprise, fiscalité, formalités juridiques et loi de finances 2026 — NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils

Vendre tout ou partie des parts d'une SARL, des actions d'une SA, voire céder l'intégralité de son entreprise au Maroc est l'une des opérations les plus structurantes de la vie d'un dirigeant. Entre la qualification juridique (cession de parts vs cession de fonds de commerce), la fiscalité (Taxe sur les Profits Immobiliers ou IR au taux de 20 %, droits d'enregistrement, IS sur plus-value côté société cédante), les formalités OMPIC, la procédure d'agrément en SARL, la rédaction d'une garantie d'actif et de passif solide et les ajustements introduits par la loi de finances 2026, l'opération exige une préparation minutieuse. Ce guide rédigé par NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — Casablanca déroule pas à pas le régime applicable aux cessions de parts sociales et d'entreprise au Maroc en 2026, à partir du Code de Commerce, des lois 5-96 (SARL) et 17-95 (SA), du Code Général des Impôts et de la loi de finances 2026.

La cession de parts sociales au Maroc — qu'elle soit partielle (entrée d'un nouvel associé, sortie d'un minoritaire, réorganisation familiale) ou totale (vente complète de l'entreprise, transmission, sortie d'un fondateur) — est une opération à fort enjeu juridique, fiscal et patrimonial. Elle obéit à un cadre strict défini par le Code de Commerce, la loi 5-96 sur la SARL, la loi 17-95 sur la SA, le Code Général des Impôts (CGI) et les ajustements apportés par la loi de finances 2026.

Ce guide rédigé par NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — Casablanca couvre l'ensemble du processus : qualification juridique, procédure d'agrément, évaluation, fiscalité du cédant et de l'acquéreur, formalités OMPIC, CRI et DGI, garantie d'actif et de passif, audit d'acquisition (due diligence) et pièges à éviter.

Ce qu'il faut retenir en 2026
  • Cadre juridique : Code de Commerce (loi 15-95), loi 5-96 sur la SARL, loi 17-95 sur la SA, Dahir des Obligations et des Contrats (DOC).
  • Cession partielle vs totale : même régime juridique, mais enjeux fiscaux et négociation très différents (contrôle, GAP, earn-out).
  • Fiscalité du cédant personne physique : IR au taux libératoire de 20 % sur la plus-value de cession de valeurs mobilières (article 73-II-F-1° CGI), avec abattements selon durée de détention pour titres non cotés (art. 68 et s. CGI).
  • Fiscalité du cédant personne morale : plus-value intégrée au résultat fiscal et imposée à l'IS au taux progressif (20 % à 35 % en 2026 selon la loi-cadre 69-19).
  • Droits d'enregistrement : 4 % sur la cession de parts de SARL et d'actions de SA non cotées (article 133-I-F CGI) — 6 % si la société est à prépondérance immobilière.
  • Formalités : acte de cession enregistré dans les 30 jours, dépôt OMPIC, modification statutaire, modèle J actualisé, mise à jour du registre des associés.
  • Loi de finances 2026 : confirmation de la convergence IS, maintien du taux libératoire de 20 % sur les valeurs mobilières, renforcement du contrôle des prix de cession et de la documentation de la valeur vénale.
01 — Qualification

Cession de parts sociales, cession d'actions, cession d'entreprise : ne pas confondre

Première étape : bien qualifier l'opération. Le régime juridique et fiscal change radicalement selon ce que vous vendez.

OpérationObjetFormeRégime dominant
Cession de parts socialesParts d'une SARLActe sous seing privé ou notariéLoi 5-96, art. 56 et s. — agrément requis pour les tiers
Cession d'actionsActions d'une SA ou SASOrdre de mouvement / acte de cessionLoi 17-95, libre sauf clause statutaire d'agrément
Cession de fonds de commerceClientèle, enseigne, droit au bail, matériel, stockActe solennel — Code de Commerce, art. 79 et s.Régime spécifique : publicité, opposition des créanciers, séquestre
Cession d'entreprise (share deal)100 % des parts/actions = cession de la sociétéComme cession de parts/actionsAcquéreur reprend l'actif ET le passif — GAP indispensable
Apport partiel d'actifBranche d'activité apportée à une autre sociétéTraité d'apport + AGERégime de faveur possible (art. 162 CGI)

La distinction share deal (cession de titres) vs asset deal (cession de fonds de commerce) est structurante : en share deal, l'acquéreur reprend l'historique fiscal et social de la société — d'où la nécessité d'un audit d'acquisition et d'une garantie d'actif et de passif solide.

02 — SARL

Cession de parts sociales d'une SARL au Maroc : la procédure d'agrément

La loi 5-96 encadre strictement la circulation des parts de SARL pour préserver le caractère intuitu personae de la société.

Entre associés, conjoint, ascendants, descendants

La cession est en principe libre, sauf clause statutaire plus restrictive (clause d'agrément, de préemption). Un simple acte de cession sous seing privé suffit, à enregistrer dans les 30 jours.

À un tiers étranger à la société

L'article 58 de la loi 5-96 impose un agrément donné par les associés représentant au moins les trois-quarts des parts sociales. La procédure est la suivante :

  • Notification du projet de cession à la société et à chaque associé (recommandé AR ou exploit d'huissier), précisant identité du cessionnaire, nombre de parts, prix.
  • Convocation d'une AGE dans les 30 jours pour statuer sur l'agrément.
  • Décision à la majorité des 3/4 des parts (sauf majorité supérieure prévue par les statuts).
  • En cas de refus, les associés disposent de 30 jours pour racheter ou faire racheter les parts à un prix fixé d'accord parties ou, à défaut, par expertise (article 14 du DOC, art. 58 al. 4 loi 5-96).
  • Si aucun rachat n'intervient dans les 3 mois, l'associé cédant peut réaliser librement sa cession.
Loi 5-96Agrément 3/4Acte enregistré 30 joursModification statutsOMPIC
03 — SA

Cession d'actions d'une SA ou SAS au Maroc

La loi 17-95 retient le principe inverse : les actions sont librement négociables. Toutefois, les statuts peuvent prévoir une clause d'agrément (sauf entre actionnaires, conjoint, ascendants, descendants — article 253 loi 17-95) ou de préemption.

La cession se matérialise par :

  • Un ordre de mouvement signé du cédant.
  • L'inscription au registre des mouvements de titres tenu par la société.
  • La mise à jour des comptes individuels d'actionnaires.
  • L'enregistrement à la DGI dans les 30 jours.

Pour les SA cotées à la Bourse de Casablanca, la cession passe par un intermédiaire en bourse et suit le règlement général de l'AMMC (Autorité Marocaine du Marché des Capitaux).

04 — Évaluation

Comment valoriser les parts ou les actions à céder ?

La valorisation est le cœur de la négociation. Aucune méthode n'est imposée par la loi marocaine pour les titres non cotés, mais l'administration fiscale s'assure que le prix retenu correspond à la valeur vénale réelle — à défaut, elle peut redresser sur le terrain de l'abus ou de la donation déguisée.

1Méthode 1Actif Net Réévalué (ANR)

Patrimoine net comptable corrigé des plus-values latentes (immobilier, marques, titres).

2Méthode 2DCF

Actualisation des flux de trésorerie futurs (Discounted Cash Flow) — référence pour les entreprises en croissance.

3Méthode 3Multiples sectoriels

Multiples EBITDA, EBIT ou CA observés sur transactions comparables — souvent 4 à 8× EBITDA selon secteur.

4Méthode 4Méthode mixte (Praticiens)

Moyenne pondérée ANR / valeur de rendement — usuelle pour PME marocaines stables.

NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils livre systématiquement un rapport d'évaluation multi-méthodes documenté, opposable à l'administration fiscale et utile en cas de contrôle ou de litige entre associés.

05 — Fiscalité cédant

Fiscalité de la cession côté cédant

Cédant personne physique résidente

La plus-value de cession de parts ou d'actions est qualifiée de profit de capitaux mobiliers. Elle est imposée à l'IR au taux libératoire de 20 % (article 73-II-F-1° CGI), avec une déclaration spécifique à déposer dans les 30 jours suivant la cession.

CatégorieTaux IR libératoireBase
Plus-value cession titres non cotés20 %Prix de cession – prix d'acquisition – frais
Plus-value cession titres cotés (Bourse de Casablanca)15 %Idem
Plus-value cession parts d'OPCVM actions15 %Idem
Plus-value cession parts d'OPCVM obligataires/monétaires20 %Idem

Le prix d'acquisition inclut le coût d'achat des titres, augmenté des frais d'acquisition (droits d'enregistrement, honoraires) et, le cas échéant, des incorporations de réserves au capital. Les moins-values sont imputables sur les plus-values de même nature de l'année et reportables 4 ans (art. 68 CGI).

Cédant personne morale (société à l'IS)

La plus-value est intégrée au résultat fiscal de l'exercice et imposée à l'IS au taux progressif applicable (20 %, 22,75 %, 25,5 %, 28,25 %, 35 % selon les tranches de la loi-cadre 69-19, étalées jusqu'en 2026). Aucun régime de faveur général ne s'applique aux plus-values long terme (à la différence du droit français), sauf dispositifs spécifiques (apport, fusion, restructuration sous l'article 162 CGI).

Cas particulier : société à prépondérance immobilière

Lorsque l'actif de la société cédée est composé à plus de 50 % d'immeubles non affectés à l'exploitation, la cession est requalifiée fiscalement : les droits d'enregistrement passent à 6 % (art. 133-I-A CGI) et le contrôle de la valeur vénale est renforcé. Il faut documenter avec soin la valorisation des immeubles.

06 — Fiscalité acquéreur

Fiscalité côté acquéreur : droits d'enregistrement

L'acquéreur acquitte les droits d'enregistrement dans les 30 jours suivant l'acte :

NatureTauxRéférence
Cession de parts SARL (société non immobilière)4 %Art. 133-I-F CGI
Cession d'actions SA non cotées4 %Art. 133-I-F CGI
Cession d'actions SA cotéesDroit fixe minimumArt. 135 CGI
Cession de parts/actions de société à prépondérance immobilière6 %Art. 133-I-A CGI
Cession de fonds de commerce6 % (barème dégressif)Art. 133-I-A CGI

Les droits sont calculés sur le prix exprimé dans l'acte, ou sur la valeur vénale si celle-ci est supérieure. L'administration dispose d'un droit de redressement de 4 ans pour requalifier un prix sous-évalué (art. 217 CGI).

07 — Formalités

Les formalités juridiques pas à pas

1Étape 1Lettre d'intention & due diligence

LOI signée, période d'exclusivité, accès au data-room, audit d'acquisition NEXORA.

2Étape 2Agrément (SARL) ou levée préemption (SA)

AGE des associés, PV d'agrément, purge des droits statutaires.

3Étape 3Signature de l'acte de cession + GAP

Acte sous seing privé ou notarié, garantie d'actif et de passif, séquestre éventuel.

4Étape 4Enregistrement DGI (30 jours)

Dépôt au receveur de l'enregistrement, paiement des 4 % (ou 6 %).

5Étape 5Dépôt OMPIC & CRI

Modification statutaire (SARL), modèle J actualisé, publication BO + journal d'annonces légales.

6Étape 6Mise à jour interne

Registre des associés, comptes individuels d'actionnaires, identifiant fiscal, déclarations DGI/CNSS.

La publicité légale est requise pour la SARL (toute modification statutaire : publication dans un journal d'annonces légales et au Bulletin Officiel). Pour la SA, seules les modifications statutaires (changement de président, modification d'objet) déclenchent l'obligation de publicité.

08 — Cession totale

Cession totale d'entreprise : les spécificités du share deal à 100 %

Quand un dirigeant cède la totalité de ses parts ou actions, l'opération équivaut économiquement à une cession d'entreprise. Mais juridiquement, la société survit et change simplement d'actionnariat : l'acquéreur hérite de tout l'historique fiscal, social et juridique. D'où des précautions renforcées.

Audit d'acquisition (due diligence)

NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils mène une due diligence structurée :

  • Comptable : revue des comptes 3 derniers exercices, qualité des marges, BFR, retraitements normatifs.
  • Fiscale : prescription, risques IS/TVA/IR, contrôles passés, conformité prix de transfert, retenues à la source.
  • Sociale : contrats de travail, conformité CNSS, AMO, indemnités, congés payés, conflits prud'homaux.
  • Juridique : statuts, pactes, contentieux, autorisations administratives, propriété intellectuelle.
  • Opérationnelle : dépendance clients/fournisseurs, baux, assurances, systèmes d'information.

Garantie d'actif et de passif (GAP)

La GAP est la clef de voûte du share deal : le cédant garantit l'exactitude des comptes et indemnise l'acquéreur de toute dette ou perte non comptabilisée se rapportant à une période antérieure à la cession. Points-clés à négocier :

  • Périmètre : fiscal, social, environnemental, contentieux, propriété intellectuelle.
  • Durée : 3 à 5 ans en général, prescription décennale pour le fiscal/social selon textes marocains.
  • Plafond : souvent 20 à 30 % du prix de cession.
  • Franchise / seuil de déclenchement : pour éviter les réclamations de minimis.
  • Sûreté : séquestre bancaire, garantie à première demande, retenue sur earn-out.

Earn-out et complément de prix

Lorsque l'évaluation est sensible aux performances futures, un earn-out (complément de prix conditionné aux résultats N+1, N+2, N+3) peut être structuré. Attention : il est fiscalisé comme un complément de plus-value à l'IR ou à l'IS au moment de son encaissement.

09 — Loi de finances 2026

Ce que change (ou confirme) la loi de finances 2026

  • Convergence des taux IS : dernière marche de la trajectoire 2023-2026 prévue par la loi-cadre 69-19 — impact sur les plus-values réalisées par les sociétés cédantes (20 % à 35 % selon la tranche).
  • Maintien du taux libératoire IR de 20 % sur les plus-values mobilières des particuliers (et 15 % pour les titres cotés) — aucune hausse en 2026.
  • Renforcement du contrôle des prix de cession : la DGI exige une documentation de la valeur vénale (rapport d'évaluation, multiples sectoriels, comparables) — un prix manifestement sous-évalué expose à un redressement et à des pénalités.
  • Facturation électronique : les cibles d'acquisition doivent être en conformité dès 2026 — point de vigilance en due diligence.
  • Prix de transfert : les sociétés filiales de groupes étrangers cédées doivent disposer d'un dossier prix de transfert à jour (master file / local file) — risque de redressement repris par l'acquéreur en l'absence de GAP fiscale solide.
  • Délais de paiement : les obligations déclaratives trimestrielles s'imposent à la cible — voir notre guide dédié.
10 — Pièges

Les 7 pièges à éviter lors d'une cession au Maroc

  1. Sous-évaluer le prix pour économiser des droits : la DGI redresse, l'acquéreur paie une majoration, le cédant est imposé sur la valeur vénale réelle.
  2. Oublier la procédure d'agrément en SARL : la cession est inopposable à la société et aux tiers tant que l'agrément n'est pas régulièrement obtenu.
  3. Négliger l'enregistrement dans les 30 jours : pénalité de 15 % + intérêts de retard (art. 184 CGI).
  4. Signer un acte de cession sans GAP : l'acquéreur supporte seul les redressements fiscaux et sociaux antérieurs.
  5. Confondre cession de titres et cession de fonds : en cession de fonds, l'acquéreur n'hérite pas du passif — mais paie 6 % de droits et perd les pertes fiscales reportables.
  6. Oublier l'information du salarié : certaines conventions collectives ou contrats imposent une information préalable du personnel (clauses de changement de contrôle).
  7. Ne pas anticiper la fiscalité personnelle du cédant : déclaration IR profit mobilier dans les 30 jours, paiement spontané du 20 %, conservation des justificatifs de prix d'acquisition.
11 — Stratégies

Optimisation et structuration patrimoniale

Plusieurs schémas légaux permettent d'optimiser la fiscalité d'une cession au Maroc, sans tomber dans l'abus de droit :

  • Apport préalable à une holding (régime de l'article 161 bis CGI) : report d'imposition de la plus-value sur les titres apportés, sous conditions de conservation.
  • Cession-réinvestissement dans une activité éligible (entreprises innovantes, immobilier productif).
  • Étalement de la cession sur plusieurs exercices pour lisser la fiscalité du cédant personne morale.
  • Pacte Dutreil-like : à ce jour, le Maroc ne dispose pas d'un équivalent direct du pacte Dutreil français, mais des schémas de transmission familiale (donation-partage, démembrement) sont structurables avec un notaire.

Pour aller plus loin, consultez nos guides : holding au Maroc, préparer son entreprise à une cession, SA vs SARL au Maroc.

Sources et références

Vous envisagez de céder ou d'acquérir une entreprise au Maroc ? NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — Casablanca vous accompagne de l'évaluation à la signature : due diligence, structuration fiscale, négociation de la GAP, formalités OMPIC et DGI, suivi post-closing.

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