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Un étranger peut-il acquérir une société à 100 % au Maroc en 2026 ? Investissement, gérance, fiscalité et formalités

Omar ELALAMI TREBKI
Omar ELALAMI TREBKI
Fondateur — Expert-Comptable & Commissaire aux Comptes
19 Juin 202624 min de lecture
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Un étranger peut-il acquérir une société à 100 % au Maroc en 2026 ? Investissement, gérance, fiscalité et formalités — NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils

Le Maroc est l'une des destinations d'investissement les plus ouvertes d'Afrique et du monde arabe : un investisseur étranger peut, dans la quasi-totalité des secteurs, détenir 100 % du capital d'une société marocaine, en assurer la gérance ou la présidence, rapatrier librement ses dividendes et ses produits de cession grâce au régime de convertibilité de l'Office des Changes. Quelques secteurs restent toutefois soumis à autorisations ou réservés à des nationaux (notaires, professions réglementées, terres agricoles), et plusieurs conventions de non-double imposition (France, Espagne, USA, Émirats, etc.) optimisent la fiscalité des dividendes et plus-values. Ce guide rédigé par NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — Casablanca détaille en 2026 le cadre légal complet de l'acquisition d'une société marocaine par un investisseur étranger : Charte de l'investissement, Office des Changes, fiscalité, gérance, rapatriement, ajustements de la loi de finances 2026.

Le Maroc figure parmi les économies les plus ouvertes aux capitaux étrangers de la région MENA et d'Afrique : principe de liberté d'investissement, possibilité de détenir 100 % du capital d'une société marocaine dans la quasi-totalité des secteurs, convertibilité totale des dividendes et produits de cession au profit des investisseurs étrangers, réseau dense de conventions de non-double imposition. Reste à connaître précisément le cadre légal, les exceptions sectorielles et les formalités à respecter.

Ce guide rédigé par NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — Casablanca répond aux questions les plus fréquentes des investisseurs étrangers, des MRE et des family offices qui envisagent d'acquérir une société existante ou de créer une filiale au Maroc en 2026.

Ce qu'il faut retenir en 2026
  • Détention 100 % ouverte aux étrangers dans la quasi-totalité des secteurs (loi-cadre 03-22 — nouvelle Charte de l'investissement).
  • Gérance / présidence : un étranger peut être gérant de SARL, président de SA, administrateur — sans condition de nationalité ni de résidence.
  • Régime de convertibilité de l'Office des Changes : rapatriement libre et permanent des dividendes, intérêts et produits de cession pour les investissements financés en devises.
  • Secteurs encadrés : pêche hauturière, terres agricoles, professions réglementées, médias, défense — autorisations spécifiques.
  • Fiscalité dividendes : retenue à la source de 11,25 % en 2026 (art. 247-XXXVII-C CGI, cible 10 % à compter de 2027), souvent réduite par convention fiscale (5 à 10 % selon les pays).
  • Charte de l'investissement (loi 03-22) : primes à l'investissement pouvant atteindre 30 % du montant éligible pour les grands projets, dispositif CFC pour les holdings et sociétés de services.
  • Carte de séjour : investisseurs étrangers éligibles à une carte d'immatriculation renouvelable 1 à 10 ans (loi 02-03).
01 — Principe

Un étranger peut-il vraiment détenir 100 % d'une société au Maroc ?

La réponse est oui dans la quasi-totalité des cas. Le Royaume a fait de l'ouverture aux investisseurs étrangers un pilier de sa stratégie économique depuis les années 1990, confirmé par la nouvelle Charte de l'investissement (loi-cadre n° 03-22, promulguée en décembre 2022 et complétée par ses décrets d'application). Le principe est celui de la liberté d'entreprendre et d'investir, sans discrimination de nationalité, sous réserve des secteurs encadrés.

Concrètement, un investisseur étranger peut :

  • Créer ex nihilo une SARL, une SARL à associé unique (SARL-AU), une SA, une SAS ou une succursale à 100 % de capital étranger.
  • Acquérir 100 % des parts ou actions d'une société marocaine existante (voir notre guide cession).
  • Détenir et transmettre ces titres librement, sans agrément administratif préalable (hors secteurs régulés).
  • Rapatrier les dividendes et le prix de cession sans plafond, sous le régime de convertibilité.
02 — Charte

La nouvelle Charte de l'investissement (loi 03-22) : cadre 2026

Pierre angulaire du dispositif : la loi-cadre n° 03-22 formant Charte de l'investissement, opérationnelle via plusieurs décrets entrés en vigueur en 2023 et confirmés par les lois de finances 2024-2026. Elle structure trois grands dispositifs :

DispositifCibleAvantages
Dispositif principalProjets ≥ 50 MDHPrimes communes (5-7 %) + sectorielles + territoriales — total cumulé jusqu'à 30 %
Dispositif spécifique TPE/PMEPetites entreprises & PMEPrimes adaptées, accompagnement CRI, accès simplifié
Dispositif projets stratégiquesProjets > 2 milliards DHConvention spécifique avec l'État, primes négociées

Les projets éligibles bénéficient de primes versées en plusieurs tranches conditionnées à l'atteinte des engagements (investissement, emploi, exportations, ancrage territorial). Le dossier est instruit par les Centres Régionaux d'Investissement (CRI) et les commissions régionales unifiées d'investissement (CRUI).

Loi 03-22CRIPrimes investissementCFCZones franches
03 — Secteurs

Secteurs où la détention 100 % étrangère est restreinte

Quelques secteurs restent encadrés pour des raisons stratégiques, environnementales ou de souveraineté :

SecteurRégime applicable
Terres agricolesAcquisition foncière directe interdite aux non-Marocains (sauf zones urbaines) — possible via bail emphytéotique ou société de droit marocain dédiée
Pêche hauturièreCapital majoritairement marocain requis
Médias audiovisuelsPlafonnement de la participation étrangère, autorisation HACA
Transport aérien et maritimeConditions de pavillon, autorisations spécifiques
Activités d'avocat, notaire, adoul, expert-comptable, médecinRéservées aux nationaux ou résidents inscrits aux Ordres marocains
Industries d'armement et défenseAutorisation préalable de l'État
Banque, assurance, intermédiation financièreAgrément Bank Al-Maghrib / ACAPS — capital étranger autorisé sous conditions

En dehors de ces cas, aucune limitation de participation étrangère ne s'applique. Industrie, commerce, services, BTP, immobilier d'entreprise, tech, hôtellerie, restauration, holding, distribution : 100 % étranger est la norme.

04 — Gérance

Gérance, présidence, administration : un étranger peut-il diriger ?

Oui, sans condition de nationalité. La loi marocaine n'impose pas que le gérant d'une SARL, le président d'une SA ou un administrateur soit Marocain ou résident. Un étranger non-résident peut donc parfaitement :

  • Être gérant unique d'une SARL ou d'une SARL à associé unique.
  • Présider une SA ou une SAS marocaine.
  • Être administrateur au sein d'un conseil d'administration.
  • Détenir et exercer la gérance simultanément (configuration la plus courante pour une filiale ou un projet entrepreneurial).

Quelques points pratiques à anticiper :

  • Identifiant fiscal personnel : à demander à la DGI dès la nomination.
  • Carte d'immatriculation (titre de séjour) ou visa d'affaires pour les déplacements si le dirigeant exerce physiquement au Maroc.
  • Signature électronique Barid eSign ou équivalent pour les télédéclarations.
  • Banque domiciliataire au Maroc pour ouvrir le compte société et les comptes en devises.
  • Domiciliation ou siège social au Maroc — obligatoire (immatriculation au Registre du Commerce).
05 — Office des Changes

Office des Changes : financement et rapatriement

L'Office des Changes régit la réglementation des changes. Pour bénéficier du régime de convertibilité — c'est-à-dire pouvoir rapatrier librement et indéfiniment les dividendes, intérêts et produits de cession —, l'investissement étranger doit être financé en devises et déclaré dans les formes.

Conditions du régime de convertibilité

  • Financement en devises convertibles, transitant par une banque marocaine agréée.
  • Déclaration de l'investissement auprès de l'Office des Changes (formulaires dédiés) — généralement assurée par la banque domiciliataire.
  • Conservation des justificatifs bancaires et de l'acte d'acquisition / souscription.

Ce qui peut être librement rapatrié

  • Dividendes nets d'IS et de retenue à la source.
  • Intérêts sur comptes courants d'associés en devises.
  • Produit de cession total des titres (capital + plus-value).
  • Loyers et revenus immobiliers, le cas échéant.

Sans déclaration initiale à l'Office des Changes, le rapatriement ultérieur des dividendes ou du prix de cession devient complexe, voire bloqué. C'est l'erreur la plus fréquente — et la plus coûteuse — des investisseurs étrangers mal accompagnés.

06 — Fiscalité

Fiscalité d'un investisseur étranger en 2026

Au niveau de la société marocaine

La société paye l'IS marocain sur son résultat fiscal au taux progressif (20 % à 35 % selon la tranche, loi-cadre 69-19), la TVA, l'IR sur salaires, les retenues à la source et la CSS. Les régimes CFC, zones d'accélération industrielle et Charte 03-22 peuvent réduire significativement la pression fiscale.

Au niveau de l'actionnaire étranger

FluxRetenue à la source MarocConvention typique (France, Espagne, UE)
Dividendes11,25 % (art. 247-XXXVII-C CGI ; 10 % à compter de 2027)Souvent réduit à 5-10 %
Intérêts sur comptes courants associés20 % (10 % pour banques)10 % en général
Redevances (royalties, licences)10 %5-10 % selon convention
Plus-value de cession de titres20 % (libératoire personne physique)Souvent imposable uniquement dans l'État de résidence

Le Maroc dispose d'un réseau dense de conventions fiscales (plus de 50 conventions de non-double imposition : France, Espagne, USA, Émirats Arabes Unis, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, etc.). Le bénéfice des taux réduits suppose la production d'un certificat de résidence fiscale du bénéficiaire et le respect des conditions de la convention applicable.

07 — Structuration

Quelle structure choisir pour un investisseur étranger ?

1Option 1SARL ou SARL-AU

Forme la plus simple — capital libre, gérance étrangère possible, idéal pour PME et premiers projets.

2Option 2SA

Capital minimum 300 000 DH (3 M DH si APE), gouvernance structurée — adaptée aux ETI et filiales de groupes.

3Option 3Holding CFC

Structure de tête à Casablanca Finance City — fiscalité IS réduite, ouverte à l'international.

4Option 4Succursale

Pas de personnalité morale propre — utile pour activités temporaires (chantiers, missions).

Pour la plupart des projets entrepreneuriaux d'un investisseur étranger seul, la SARL à associé unique (SARL-AU) est la structure la plus efficace : capital social libre, formalités allégées, gérance assurée par l'associé unique étranger, conformité totale à la liberté de détention 100 %.

08 — Formalités

Formalités pour acquérir ou créer une société au Maroc

  1. Certificat négatif à l'OMPIC (dénomination sociale).
  2. Rédaction des statuts par un avocat ou un expert-comptable, libellés conformes loi 5-96 / 17-95.
  3. Dépôt du capital en banque marocaine (compte en devises convertible), déclaration Office des Changes via la banque.
  4. Enregistrement des statuts à la DGI (droit fixe de 1 000 DH ou 1 %).
  5. Identifiant fiscal et taxe professionnelle auprès de la DGI.
  6. Immatriculation au Registre du Commerce via le CRI (guichet unique).
  7. Affiliation CNSS dès l'embauche du premier salarié.
  8. Publication dans un journal d'annonces légales et au Bulletin Officiel.

Pour une acquisition de société existante, ajoutez la due diligence, l'acte de cession (4 % de droits d'enregistrement), la GAP et la mise à jour OMPIC / modèle J — détails dans notre guide cession.

09 — Carte de séjour

Investisseur étranger : titre de séjour et résidence fiscale

Un investisseur étranger souhaitant résider au Maroc peut obtenir une carte d'immatriculation en qualité d'investisseur ou de dirigeant d'entreprise (loi 02-03 relative à l'entrée et au séjour des étrangers). La carte est renouvelable pour des durées de 1, 5 ou 10 ans selon le profil.

La résidence fiscale marocaine est définie par l'article 23 du CGI (foyer permanent, centre des intérêts économiques, séjour de plus de 183 jours). Elle entraîne l'imposition de l'ensemble des revenus mondiaux du résident à l'IR marocain, sous réserve des conventions fiscales bilatérales. C'est un point structurant pour les MRE, les retraités étrangers et les investisseurs en mobilité.

10 — Loi de finances 2026

Ce que change la loi de finances 2026 pour les investisseurs étrangers

  • Retenue à la source dividendes : confirmée à 11,25 % en 2026 (vs 12,5 % en 2024, 13,75 % en 2023 et 15 % avant la réforme), avec cible à 10 % à compter de 2027 (art. 247-XXXVII-C CGI).
  • Convergence IS : dernière marche de la trajectoire 2023-2026, plafond 35 % pour les très grandes entreprises et le secteur financier.
  • Charte 03-22 : poursuite du déploiement des primes à l'investissement et accélération des CRUI régionales.
  • Statut CFC : maintien des avantages (IS réduit, exonération impôt sur les dividendes vers l'étranger sous conditions), positionnant Casablanca Finance City comme hub régional Afrique.
  • Facturation électronique : obligation progressive — tout investisseur étranger doit anticiper l'audit ERP de la cible.
  • Prix de transfert : documentation renforcée pour les filiales de groupes étrangers (master file / local file) — risque de redressement majeur en cas de carence.
11 — Erreurs à éviter

Les 6 erreurs à éviter pour un investisseur étranger

  1. Financer l'acquisition en dirhams locaux sans déclaration Office des Changes : rapatriement futur bloqué.
  2. Sous-estimer la due diligence fiscale et sociale de la cible : passif latent repris à 100 % en share deal.
  3. Oublier le dossier prix de transfert entre la cible et la maison-mère étrangère : redressement quasi automatique.
  4. Ne pas activer la convention fiscale : paiement de la retenue à la source au taux interne (11,25 %) au lieu du taux conventionnel (5-10 %).
  5. Choisir une structure inadaptée (succursale au lieu de filiale, SA au lieu de SARL-AU) — surcoûts administratifs, manque de flexibilité.
  6. Négliger les formalités CRI / OMPIC / CNSS : blocage opérationnel, impossibilité d'ouvrir des comptes ou d'embaucher.
12 — NEXORA

Comment NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils accompagne les investisseurs étrangers

NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — cabinet basé à Casablanca, inscrit à l'OEC Maroc et formé aux pratiques internationales — accompagne investisseurs étrangers, MRE, fonds d'investissement et groupes internationaux sur l'ensemble de la chaîne :

  • Structuration : choix de la forme juridique, schéma actionnarial, holding CFC, articulation avec la fiscalité du pays de résidence.
  • Due diligence : comptable, fiscale, sociale, juridique, opérationnelle.
  • Formalités : CRI, OMPIC, DGI, Office des Changes, CNSS, banque domiciliataire.
  • Conformité : documentation prix de transfert, convention fiscale, retenues à la source, CSS.
  • Pilotage : tenue comptable CGNC, reporting groupe (IFRS-like), tableaux de bord mensuels, prévisionnel.
  • Audit légal : commissariat aux comptes pour les SA et SARL atteignant les seuils légaux.

Pour aller plus loin : holding au Maroc & CFC, cession de parts sociales, MRE & expatriés investir au Maroc.

Sources et références

Vous êtes investisseur étranger et envisagez le Maroc en 2026 ? NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — Casablanca structure votre projet de A à Z : étude de faisabilité fiscale, formalités CRI / OMPIC / Office des Changes, due diligence, mise en place opérationnelle et pilotage premium.

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