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Fiscalité & Patrimoine

Investissement locatif au Maroc en 2026 : fiscalité des revenus fonciers, SCI, MRE et rentabilité immobilière

Omar ELALAMI TREBKI
Omar ELALAMI TREBKI
Fondateur — Expert-Comptable & Commissaire aux Comptes
7 Juin 202622 min de lecture
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Investissement locatif au Maroc en 2026 : fiscalité des revenus fonciers, SCI, MRE et rentabilité immobilière — NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils

Investissement locatif au Maroc en 2026 : nouvelle fiscalité des revenus fonciers issue de la Loi de Finances 2026 (abattement de 40 %, barème progressif 10 % / 15 %, option pour le taux libératoire de 20 %, retenue à la source de 5 % sur les loyers professionnels à compter du 1er juillet 2026), comparatif détention en nom propre vs SCI marocaine, optimisation pour les MRE, et trois cas pratiques chiffrés (appartement Casablanca, immeuble de rapport, SCI familiale). Guide pilier rédigé par NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — Casablanca.

L'immobilier locatif demeure, en 2026, l'un des placements préférés des Marocains résidents, des MRE et des investisseurs étrangers attirés par le Maroc. Avec la Loi de Finances 2026, le législateur a clarifié et réaménagé le régime fiscal des revenus fonciers, tout en introduisant une retenue à la source de 5 % sur certains loyers professionnels à compter du 1er juillet 2026. Bien comprendre ces règles est devenu indispensable pour arbitrer entre une détention en nom propre, une SCI marocaine ou une société patrimoniale soumise à l'IS.

Ce guide pilier, rédigé par NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils, vous donne une vision complète et opérationnelle : cadre juridique, calcul détaillé de l'impôt, comparatif des modes de détention, spécificités MRE, et trois cas pratiques chiffrés (appartement à Casablanca, immeuble de rapport, SCI familiale). Toutes les références sont issues du Code Général des Impôts 2026 et des publications officielles de la Direction Générale des Impôts.

Ce qu'il faut retenir en 2026
  • Abattement forfaitaire : 40 % sur les revenus fonciers bruts avant application du barème.
  • Barème spécifique : 10 % jusqu'à 60 000 DH de revenu foncier net, 15 % au-delà.
  • Option libératoire : 20 % à la source, libératoire de l'IR, sur option du contribuable.
  • Nouveauté LF 2026 : retenue à la source de 5 % sur les loyers professionnels versés par certaines entreprises à compter du 1er juillet 2026.
  • SCI marocaine : structure de détention patrimoniale, fiscalement transparente par défaut.
  • MRE : obligation de déclaration à l'Office des Changes et bénéfice des conventions fiscales bilatérales.
01 — Pourquoi investir

Pourquoi investir dans l'immobilier locatif au Maroc en 2026 ?

L'investissement locatif au Maroc combine plusieurs atouts structurels qui en font, en 2026, un placement à la fois défensif et patrimonial.

  • Demande locative soutenue dans les grandes métropoles — Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech — portée par la croissance démographique, l'urbanisation et l'arrivée continue de cadres et d'expatriés ;
  • Rendements bruts attractifs de 4 à 7 % selon le segment et la ville, supérieurs à la plupart des marchés européens comparables ;
  • Valeur refuge face à l'inflation et aux incertitudes sur les marchés financiers ;
  • Cadre juridique stabilisé par la loi n° 67-12 régissant les baux d'habitation et la loi n° 49-16 sur les baux à usage commercial, industriel ou artisanal ;
  • Convertibilité garantie pour les investissements correctement déclarés à l'Office des Changes par les MRE et investisseurs étrangers.

À ces atouts s'ajoute une fiscalité réaménagée et lisible depuis la Loi de Finances 2026, qui permet — à condition d'être correctement structurée — d'optimiser la rentabilité nette après impôt de façon significative.

02 — Cadre fiscal

Comment sont imposés les revenus fonciers au Maroc ?

Les revenus tirés de la location d'immeubles bâtis ou non bâtis perçus par une personne physique relèvent de la catégorie des revenus fonciers au sens du Code Général des Impôts (CGI). Ils sont soumis à l'Impôt sur le Revenu (IR) selon des règles spécifiques distinctes du barème général applicable aux salaires.

Définition fiscale des revenus fonciers

Constituent des revenus fonciers, notamment :

  • les loyers d'habitation perçus de particuliers ;
  • les loyers professionnels perçus d'entreprises, commerçants, professions libérales ;
  • les loyers de terrains nus donnés en location ;
  • les revenus accessoires (parkings loués séparément, terrasses, antennes-relais, panneaux publicitaires) ;
  • les indemnités d'éviction et certaines indemnités d'occupation.

Le principe : abattement de 40 % puis barème spécifique

Le revenu foncier net imposable est obtenu, depuis la réforme entrée en vigueur en 2023 et confirmée par la Loi de Finances 2026, en appliquant :

  1. un abattement forfaitaire de 40 % sur le revenu foncier brut annuel ;
  2. puis le barème progressif spécifique aux revenus fonciers :
Tranche de revenu foncier net annuelTaux applicable
Jusqu'à 60 000 DH10 %
Au-delà de 60 000 DH15 %

Ce barème se substitue au barème progressif de droit commun de l'IR (qui monte jusqu'à 37 % en 2026). Les revenus fonciers ne sont donc plus globalisés avec les autres catégories de revenus (salaires, BIC, BNC) pour le calcul de l'IR — ce qui constitue un avantage majeur pour les contribuables fortement imposés par ailleurs.

L'option pour le taux libératoire de 20 %

Le contribuable peut, sur option expresse, demander à être imposé au taux libératoire de 20 %, prélevé à la source par le locataire lorsque cela est prévu, ou versé spontanément. Ce choix présente plusieurs caractéristiques :

  • il est libératoire de l'IR : aucune régularisation ni déclaration globale n'est exigée au titre de ces revenus ;
  • il s'applique sur le revenu foncier brut, sans abattement de 40 % ;
  • il intéresse surtout les contribuables percevant des loyers élevés et souhaitant simplifier leur gestion fiscale.
03 — Loi de Finances 2026

Ce que change réellement la Loi de Finances 2026

La Loi de Finances 2026 n'a pas bouleversé l'architecture du régime mais introduit plusieurs ajustements structurants pour les bailleurs.

Confirmation du barème 10 % / 15 %

Le double taux 10 % jusqu'à 60 000 DH et 15 % au-delà est maintenu pour 2026.

Abattement de 40 %

Maintenu sur l'ensemble des revenus fonciers bruts, sans condition de durée de détention.

Option libératoire 20 %

Reconduite, sur option, pour les contribuables souhaitant un prélèvement définitif.

Retenue à la source 5 %

Nouveauté : prélèvement de 5 % sur certains loyers professionnels à compter du 1er juillet 2026.

La nouvelle retenue à la source de 5 % sur les loyers professionnels

À compter du 1er juillet 2026, une retenue à la source de 5 % s'applique sur les loyers versés par certaines entreprises (notamment les personnes morales soumises à l'IS et les personnes physiques relevant du régime du résultat net réel ou simplifié) à un bailleur personne physique. Cette retenue :

  • est calculée sur le montant brut du loyer professionnel ;
  • est prélevée par le locataire (l'entreprise), qui la verse à la DGI ;
  • vient en imputation de l'IR foncier dû par le bailleur lors de la régularisation annuelle ;
  • poursuit un objectif clair : améliorer le civisme fiscal et sécuriser la collecte sur un segment historiquement sous-déclaré.

En pratique, le bailleur d'un local professionnel verra désormais son loyer net amputé de 5 % à la source. Cette somme n'est pas perdue : elle s'impute sur l'impôt finalement dû. Mais elle modifie le timing des flux de trésorerie et impose une tenue rigoureuse des justificatifs (attestations de retenue à fournir par chaque locataire).

Points d'attention LF 2026
  • La retenue à la source de 5 % ne se substitue pas à l'IR foncier : elle est un acompte.
  • Elle ne s'applique pas aux loyers d'habitation versés par des particuliers.
  • Le bailleur doit collecter et archiver l'attestation de retenue remise par chaque locataire entreprise.
  • Un défaut de retenue par le locataire l'expose à une solidarité fiscale avec le bailleur.
04 — Calcul de l'impôt

Revenus fonciers : calcul détaillé de l'impôt avec exemples

Pour bien comprendre le mécanisme, prenons deux exemples chiffrés.

Exemple 1 — Loyer d'habitation modeste

Monsieur A perçoit 4 500 DH par mois au titre de la location d'un appartement à un particulier, soit un revenu foncier brut annuel de 54 000 DH.

  • Abattement forfaitaire de 40 % : 54 000 × 40 % = 21 600 DH ;
  • Revenu foncier net imposable : 54 000 − 21 600 = 32 400 DH ;
  • Impôt au taux de 10 % (inférieur à 60 000 DH) : 32 400 × 10 % = 3 240 DH ;
  • Revenu net après impôt : 54 000 − 3 240 = 50 760 DH, soit un taux d'imposition effectif de 6 %.

Exemple 2 — Loyer professionnel important

Madame B loue un local commercial à une SARL pour 15 000 DH par mois, soit un revenu foncier brut annuel de 180 000 DH. À compter du 1er juillet 2026, son locataire prélève la retenue à la source de 5 %.

  • Abattement de 40 % : 180 000 × 40 % = 72 000 DH ;
  • Revenu foncier net imposable : 180 000 − 72 000 = 108 000 DH ;
  • Impôt : (60 000 × 10 %) + (48 000 × 15 %) = 6 000 + 7 200 = 13 200 DH ;
  • Retenue à la source déjà prélevée sur la seconde moitié de l'année : 90 000 × 5 % = 4 500 DH imputables ;
  • Solde à verser à la DGI : 13 200 − 4 500 = 8 700 DH.

Exemple 3 — Comparaison avec l'option libératoire 20 %

Pour le même cas que Madame B, l'option pour le taux libératoire de 20 % donnerait : 180 000 × 20 % = 36 000 DH. Le régime de droit commun (avec abattement et barème) est ici nettement plus avantageux que l'option libératoire. Cette dernière n'est intéressante que dans des situations très spécifiques (revenus très élevés combinés à d'autres revenus eux-mêmes lourdement taxés).

05 — Nom propre ou SCI

Investissement locatif en nom propre ou via une SCI ?

C'est l'arbitrage stratégique majeur de tout investisseur immobilier. La réponse dépend de la finalité patrimoniale (rendement, transmission, mutualisation entre associés), du nombre de biens visés et de l'horizon de détention.

CritèreDétention en nom propreSCI marocaineSociété patrimoniale (IS)
Régime fiscalIR foncier (abattement 40 % + 10 % / 15 %)Transparente par défaut : IR foncier au niveau des associésIS sur le bénéfice + IR sur dividendes
Simplicité de gestionTrès simpleComptabilité allégée, statuts, AG annuelleComptabilité complète, états de synthèse, IS
TransmissionIndivision : lourde et conflictuelleDonation de parts, démembrement facilitéDonation de titres, pacte d'associés
Mutualisation entre associésNonOui — outil familial idéalOui — outil de groupe
Déduction des intérêts d'empruntLimitéeAu niveau des associésIntégralement déductibles du résultat IS
Amortissement de l'immeubleNonNon (régime transparent)Oui — réduit fortement l'IS
Cession à termeIR / TPI sur la plus-valueCession de parts ou d'immeubleIS sur la plus-value + IR sur distribution
Cible recommandée1 à 2 biens, horizon longFamille, indivision, MREPatrimoine professionnel important, multiples biens

Quand privilégier la détention en nom propre ?

  • Investisseur seul, sans enjeu de transmission immédiat ;
  • Un à deux biens, à usage principalement locatif d'habitation ;
  • Recherche de simplicité maximale et de neutralité fiscale ;
  • Revenu foncier net inférieur ou proche de 60 000 DH (imposition à 10 %).

Quand basculer vers une SCI ou une société patrimoniale ?

  • Projet familial avec plusieurs associés (couple, fratrie, enfants) ;
  • Volonté de préparer la transmission par donation progressive de parts ;
  • Acquisitions multiples financées par emprunt — la société patrimoniale à l'IS permet d'amortir l'immeuble et de déduire pleinement les intérêts ;
  • Stratégie de réinvestissement systématique des loyers (la fiscalité IS lisse l'imposition tant qu'aucune distribution n'est opérée).
06 — SCI

SCI au Maroc : avantages et inconvénients

La Société Civile Immobilière marocaine est régie par le Dahir des Obligations et Contrats (DOC). Constituée entre deux associés ou plus, elle a pour objet exclusif la détention et la gestion d'un patrimoine immobilier non commercial. Elle n'a pas de capital minimum imposé, et son fonctionnement est défini librement dans les statuts.

Les avantages structurants

  • Sortie de l'indivision : les biens sont détenus par la société, pas par les indivisaires. Les blocages classiques de l'indivision disparaissent ;
  • Transmission optimisée : la donation porte sur des parts sociales, plus simples à fractionner qu'un immeuble. Le démembrement (nue-propriété / usufruit) est facilement organisable ;
  • Gouvernance souple : les statuts définissent les règles de cession, d'agrément, de majorité et de gérance ;
  • Pérennité du patrimoine familial : la SCI continue d'exister au-delà des décès, évitant les ventes forcées ;
  • Fiscalité transparente par défaut : chaque associé déclare sa quote-part de revenus fonciers et bénéficie individuellement de l'abattement de 40 % et du barème 10 % / 15 %.

Les contraintes à anticiper

  • Constitution avec rédaction de statuts, immatriculation, identifiant fiscal ;
  • Tenue d'une comptabilité simplifiée, assemblée générale annuelle, conservation des registres ;
  • Coût de fonctionnement (honoraires de gestion, déclarations) à intégrer dans la rentabilité ;
  • La SCI ne permet pas d'amortir les immeubles tant qu'elle reste à l'IR (régime transparent) ;
  • Risque de requalification commerciale en cas d'activité de marchand de biens ou de location meublée à caractère habituel — basculement automatique à l'IS.

Pour un patrimoine appelé à grandir et à se transmettre, la SCI reste, en 2026, l'outil de référence des familles marocaines et des MRE. NEXORA accompagne la constitution, la rédaction des statuts, la stratégie de donation de parts et la tenue comptable de votre SCI.

07 — TVA & immobilier

TVA et investissement locatif : ce que la SCI change par rapport à l'achat en nom propre

C'est un point trop souvent négligé par les investisseurs : la TVA (régie par les articles 87 à 125 du CGI) modifie sensiblement l'économie d'un projet immobilier selon que l'on acquiert en nom propre ou via une structure (SCI à l'IS, société patrimoniale). Le particulier qui achète son bien en nom propre n'est pas assujetti à la TVA : il subit la TVA sur l'acquisition du neuf (généralement 20 % en VEFA, sauf logement social) sans aucune possibilité de la récupérer.

TVA à l'acquisition : le grand absent du nom propre

Quand un investisseur achète un appartement neuf en VEFA pour 1 000 000 DH HT, il acquitte 200 000 DH de TVA qui restent définitivement à sa charge s'il agit en personne physique. Cette TVA s'incorpore au prix de revient et grève mécaniquement la rentabilité nette du projet.

SCI / société patrimoniale assujettie : un levier puissant

Une structure qui réalise une opération économique soumise à TVA (location de locaux à usage professionnel équipés ou meublés, location-gérance, immobilier d'entreprise loué avec services, exploitation hôtelière, résidences services) devient assujettie et peut, dans les conditions des articles 101 et suivants du CGI :

  • récupérer la TVA grevant l'acquisition de l'immeuble neuf ;
  • récupérer la TVA sur les travaux, l'aménagement, les honoraires, la commission d'agence ;
  • collecter la TVA sur les loyers facturés à 20 %, neutre pour un locataire entreprise lui-même assujetti.

Sur l'exemple précédent, une société patrimoniale assujettie récupère les 200 000 DH de TVA à l'acquisition. À investissement comparable, le coût net du bien est diminué de 20 % : l'effet de levier sur la rentabilité est substantiel.

Quand l'opération est-elle soumise à TVA au Maroc ?

Nature de la locationRégime TVATaux
Location nue à usage d'habitationExonérée sans droit à déduction (art. 91 CGI)
Location nue à usage professionnelExonérée sans droit à déduction
Location de locaux à usage professionnel équipés / meublésImposable20 %
Location-gérance de fonds de commerceImposable20 %
Hôtellerie, résidences touristiques, locations meublées touristiquesImposable10 %
Logement social conventionnéRégime spécifique (exonération à l'acquisition sous conditions)

Le seuil d'assujettissement et le droit à déduction

Les prestations de services — dont la location de locaux équipés — relèvent du régime de droit commun de la TVA dès lors que le chiffre d'affaires annuel dépasse 500 000 DH (seuil de l'article 91-II-1° du CGI pour les petits prestataires). En deçà, la structure reste exonérée. Le droit à déduction de la TVA d'amont est conditionné à :

  • une affectation du bien à une opération taxable (location équipée, hôtellerie, etc.) ;
  • la conservation du bien pendant 10 ans (régime des biens immobilisés — sinon reversement prorata de la TVA initialement déduite) ;
  • une facturation conforme et une comptabilité régulièrement tenue.

Synthèse : la TVA, un arbitrage à intégrer dès l'amont

À retenir sur la TVA
  • Le particulier en nom propre subit la TVA à l'acquisition du neuf et ne récupère rien.
  • Une SCI ou société patrimoniale assujettie peut récupérer la TVA d'acquisition et de travaux — économie immédiate de 10 à 20 % du coût d'investissement.
  • L'assujettissement suppose une opération réellement taxable (location équipée, hôtellerie, résidence services) — pas une location nue d'habitation.
  • Une analyse en amont du schéma juridique conditionne la possibilité même d'opter pour la TVA — c'est rarement rattrapable après l'acquisition.
08 — MRE

Investissement immobilier pour les MRE

Les Marocains Résidant à l'Étranger représentent une part déterminante des flux d'investissement immobilier au Maroc. Leur stratégie doit toutefois intégrer trois dimensions spécifiques : la réglementation des changes, la fiscalité marocaine et la fiscalité du pays de résidence.

Office des Changes : convertibilité et rapatriement

Tout investissement immobilier réalisé au Maroc par un non-résident — qu'il soit MRE ou étranger — doit être déclaré à l'Office des Changes dans les conditions prévues par l'Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC). Cette déclaration garantit :

  • la convertibilité de l'investissement (rapatriement du capital initial) ;
  • le rapatriement libre des loyers nets d'impôt ;
  • le rapatriement du produit de cession en cas de revente.

Fiscalité marocaine applicable au MRE bailleur

Le MRE qui loue un bien situé au Maroc est imposable au Maroc au titre de ses revenus fonciers, selon les règles décrites ci-dessus (abattement 40 %, barème 10 % / 15 %, ou option libératoire 20 %). Le critère de territorialité prime : l'immeuble étant situé au Maroc, c'est le droit marocain qui détermine la base imposable.

Conventions fiscales de non-double imposition

Pour éviter une double imposition (au Maroc et dans le pays de résidence), le MRE doit s'appuyer sur la convention fiscale bilatérale applicable. Le Maroc a signé des conventions avec la France, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, le Canada, les Émirats Arabes Unis et de nombreux autres pays. Selon le mécanisme retenu (crédit d'impôt ou exemption), l'impôt payé au Maroc s'impute ou se substitue à l'impôt du pays de résidence.

Pour les MRE français notamment, la convention franco-marocaine de 1970 prévoit que les revenus immobiliers sont imposables dans l'État de situation de l'immeuble — soit le Maroc — avec mécanisme de crédit d'impôt en France. Une coordination étroite entre conseil marocain et conseil français est indispensable. NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils accompagne spécifiquement les MRE et expatriés français au Maroc sur ces sujets.

09 — Cas pratique 1

Cas pratique n°1 : appartement à Casablanca

Monsieur K, salarié résidant à Casablanca, acquiert un appartement de 90 m² dans le quartier Bourgogne pour 1 800 000 DH (hors frais). Il le loue 8 000 DH par mois à un particulier, soit 96 000 DH de loyers annuels.

IndicateurValeur
Loyer brut annuel96 000 DH
Abattement 40 %− 38 400 DH
Revenu foncier net imposable57 600 DH
IR foncier (10 % < 60 000 DH)5 760 DH
Revenu net après impôt90 240 DH
Rendement net après impôt≈ 5,01 %

Conclusion : à ce niveau de loyer, la détention en nom propre est parfaitement adaptée. La fiscalité reste contenue (taux effectif ~6 %), aucune retenue à la source ne s'applique (locataire particulier), et la gestion est minimale.

10 — Cas pratique 2

Cas pratique n°2 : immeuble de rapport

Madame R, médecin, acquiert un petit immeuble de rapport à Rabat composé de 6 appartements pour 9 500 000 DH, financé par un emprunt bancaire à hauteur de 70 %. Les loyers cumulés annuels s'élèvent à 480 000 DH.

Hypothèse A — Détention en nom propre

  • Loyer brut : 480 000 DH ;
  • Abattement 40 % : 192 000 DH ;
  • Revenu net imposable : 288 000 DH ;
  • IR foncier : (60 000 × 10 %) + (228 000 × 15 %) = 6 000 + 34 200 = 40 200 DH ;
  • Mais les intérêts d'emprunt (≈ 280 000 DH/an en début de prêt) ne sont pas déductibles pour l'essentiel.

Hypothèse B — Société patrimoniale à l'IS

  • Loyer brut : 480 000 DH ;
  • Charges déductibles : intérêts d'emprunt (280 000), amortissements immeuble (≈ 190 000), taxes locales, gestion ;
  • Résultat fiscal IS souvent proche de zéro les premières années — IS marginal ;
  • Pas de distribution : pas d'IR sur dividendes (11,25 % en 2026) ;
  • Capacité de réinvestissement maximisée pour acquisition de biens additionnels.

Conclusion : pour un patrimoine financé à l'emprunt avec ambition d'agrandissement, la société patrimoniale à l'IS est généralement plus efficiente sur la phase de constitution du patrimoine. La détention en nom propre redevient compétitive une fois l'emprunt remboursé et les amortissements épuisés.

11 — Cas pratique 3

Cas pratique n°3 : SCI familiale

Famille L (deux parents, trois enfants) souhaite organiser la détention de quatre biens locatifs hérités, totalisant 320 000 DH de loyers annuels, et préparer la transmission.

Constitution d'une SCI familiale à l'IR (régime transparent) :

  • Apport des biens à la SCI ;
  • Répartition des parts : 30 % chaque parent, 13,33 % chaque enfant ;
  • Chaque associé déclare sa quote-part de revenu foncier, avec abattement 40 % et barème 10 % / 15 % à son niveau ;
  • Donation progressive de la nue-propriété des parts parentales aux enfants — l'usufruit reste aux parents qui perçoivent les loyers ;
  • Au décès des parents, reconstitution automatique de la pleine propriété entre les mains des enfants : aucune transmission fiscalement onéreuse.

Conclusion : la SCI familiale combine optimisation fiscale (fractionnement de la base imposable entre cinq associés, plusieurs bénéficient du taux à 10 %), sortie définitive de l'indivision et transmission progressive maîtrisée. C'est un outil patrimonial puissant que nous recommandons quasi-systématiquement aux familles disposant de plusieurs biens.

FAQ

FAQ — 20 questions clés sur l'investissement locatif au Maroc en 2026

1. Quel est le taux d'imposition des revenus fonciers au Maroc en 2026 ?

Après abattement forfaitaire de 40 %, le revenu foncier net est imposé à 10 % jusqu'à 60 000 DH et 15 % au-delà. Une option libératoire à 20 % sur le brut est également possible.

2. L'abattement de 40 % est-il automatique ?

Oui, il est appliqué de plein droit sur les revenus fonciers bruts, sans formalité particulière, sauf option pour le taux libératoire de 20 %.

3. Quand l'option pour le taux libératoire de 20 % est-elle pertinente ?

Très rarement : elle s'applique sur le brut sans abattement. Elle n'intéresse que des situations très particulières et doit faire l'objet d'une simulation chiffrée.

4. À partir de quand s'applique la retenue à la source de 5 % ?

À compter du 1er juillet 2026 sur certains loyers professionnels versés par des entreprises à un bailleur personne physique.

5. La retenue à la source de 5 % est-elle libératoire ?

Non. C'est un acompte imputable sur l'IR foncier annuel dû par le bailleur.

6. Les loyers d'habitation sont-ils concernés par la retenue à la source de 5 % ?

Non. La retenue concerne les loyers professionnels versés par certaines entreprises, pas les loyers d'habitation versés par des particuliers.

7. Faut-il déclarer ses revenus fonciers même en cas de retenue à la source ?

Oui. Le bailleur doit déposer sa déclaration annuelle de revenu global, en imputant la retenue déjà prélevée.

8. Un MRE doit-il déclarer ses loyers marocains ?

Oui, au Maroc (où se situe l'immeuble), avec application des règles de droit commun. La convention fiscale bilatérale gère ensuite la non-double imposition dans le pays de résidence.

9. La SCI marocaine est-elle soumise à l'IS ?

Par défaut, non. La SCI est fiscalement transparente : chaque associé est imposé à l'IR sur sa quote-part. Elle peut basculer à l'IS sur option ou par requalification.

10. Quel est l'intérêt principal d'une SCI familiale ?

Sortir de l'indivision, organiser la transmission par donation de parts (avec démembrement éventuel), et fractionner la base imposable entre plusieurs associés.

11. Peut-on amortir un immeuble loué en nom propre ?

Non. L'amortissement n'est possible qu'au sein d'une société soumise à l'IS détenant l'immeuble à son actif.

12. La société patrimoniale à l'IS est-elle plus avantageuse ?

Souvent, oui, en phase d'acquisition financée par emprunt : les intérêts et amortissements neutralisent quasi entièrement la base IS. Elle l'est moins une fois le bien intégralement amorti et l'emprunt remboursé.

13. Quelle fiscalité s'applique en cas de revente d'un bien locatif ?

La plus-value est soumise à la Taxe sur les Profits Immobiliers (TPI) pour les particuliers et SCI transparentes, ou à l'IS pour les sociétés patrimoniales à l'IS.

14. Comment l'Office des Changes intervient-il pour les MRE ?

L'investissement doit être déclaré pour garantir la convertibilité et permettre le rapatriement futur des loyers et du prix de cession.

15. La location meublée est-elle considérée comme un revenu foncier ?

Pas toujours. La location meublée habituelle peut être qualifiée d'activité commerciale, relevant de l'IR catégorie BIC ou de l'IS si exercée en société.

16. Les charges (syndic, taxes locales) sont-elles déductibles ?

Le régime des revenus fonciers est un régime forfaitaire : l'abattement de 40 % est censé couvrir toutes les charges. Aucune déduction supplémentaire n'est admise.

17. Comment optimiser fiscalement un patrimoine de plusieurs biens ?

Par la combinaison : SCI familiale pour la transmission, société patrimoniale à l'IS pour la phase d'acquisition / endettement, détention directe pour les biens à conserver durablement après remboursement.

18. Existe-t-il une exonération pour les loyers d'habitation ?

Le bailleur d'une résidence principale louée à un tiers reste imposable. Certains régimes spécifiques (logement social, location à étudiants, etc.) peuvent ouvrir droit à des aménagements ponctuels.

19. Le locataire doit-il fournir une attestation de retenue à la source ?

Oui. À partir du 1er juillet 2026, le locataire entreprise qui prélève les 5 % doit délivrer chaque année une attestation que le bailleur conserve pour justifier de l'imputation.

20. Pourquoi se faire accompagner par un expert-comptable pour un projet locatif ?

Pour arbitrer entre les modes de détention, simuler la rentabilité nette après impôt, sécuriser la conformité Office des Changes pour les MRE, structurer la transmission, et fiabiliser la déclaration annuelle.

12 — Accompagnement

Pourquoi se faire accompagner par un expert-comptable ?

L'investissement locatif n'est plus, en 2026, un simple achat d'appartement : c'est une opération patrimoniale qui combine droit civil, fiscalité, réglementation des changes (pour les MRE) et stratégie de transmission. Le bon montage en amont fait souvent la différence, sur 20 ans, entre une rentabilité nette de 3 % et une rentabilité nette de 6 %.

Le cabinet NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils, basé à Casablanca, accompagne investisseurs résidents, MRE et investisseurs étrangers sur l'ensemble du cycle :

  • Étude préalable : simulation comparée nom propre / SCI / société patrimoniale ;
  • Constitution juridique : rédaction des statuts, immatriculation, identifiant fiscal ;
  • Conformité Office des Changes pour les investisseurs MRE et étrangers ;
  • Tenue comptable des SCI et sociétés patrimoniales ;
  • Déclarations fiscales annuelles et gestion des retenues à la source ;
  • Stratégie de transmission : donation de parts, démembrement, pacte familial ;
  • Coordination internationale avec les conseils du pays de résidence (notamment France, Belgique, Espagne, Canada, Émirats).
Conclusion

Conclusion

La Loi de Finances 2026 confirme un régime fiscal des revenus fonciers à la fois lisible et compétitif : abattement de 40 %, barème à 10 % / 15 %, option libératoire à 20 % et nouvelle retenue à la source de 5 % sur certains loyers professionnels au 1er juillet 2026. Bien utilisé, ce cadre permet aux investisseurs — résidents comme MRE — d'atteindre des rendements nets après impôt de l'ordre de 5 à 6 % sur les meilleurs emplacements.

Le choix entre détention en nom propre, SCI marocaine et société patrimoniale à l'IS n'est jamais neutre : il dépend de la taille du patrimoine, du recours à l'emprunt, du nombre d'associés et de l'horizon de transmission. Un arbitrage chiffré, opéré dès l'amont du projet, conditionne la rentabilité réelle de l'investissement sur le long terme.

Sources officielles

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