L'impôt sur le revenu (IR) est le troisième pilier de la fiscalité marocaine, aux côtés de l'impôt sur les sociétés et de la TVA. Il s'applique aux revenus des personnes physiques : salaires, revenus professionnels des indépendants et professions libérales, revenus fonciers, revenus et profits de capitaux mobiliers, revenus agricoles. La Loi de Finances 2026 (loi n° 50-25), promulguée fin décembre 2025 et commentée par la Note circulaire DGI n° 737 publiée en février 2026, confirme et prolonge la réforme de l'IR engagée par la LF 2025 (loi n° 60-24) dans le cadre de l'accord tripartite Gouvernement — CGEM — Syndicats. Le barème issu de l'article 73-I du CGI s'applique en 2026 à l'ensemble des revenus perçus au cours de l'exercice.
Ce guide rédigé par NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils — Casablanca, expert-comptable et commissaire aux comptes inscrit à l'Ordre des Experts-Comptables (OEC), présente le barème complet issu de l'article 73 du Code Général des Impôts, détaille les abattements et déductions applicables aux salariés, aux professions libérales et aux dirigeants, propose cinq cas pratiques chiffrés, et rappelle les taux spécifiques de retenue à la source (dividendes, honoraires, revenus fonciers, plus-values mobilières).
- Base légale 2026 : article 73-I du CGI (barème IR), Loi de Finances 2026 (loi n° 50-25), Note circulaire DGI n° 737 de février 2026, LF 2025 (loi n° 60-24) et accord tripartite du 29 avril 2024 (Gouvernement — CGEM — Syndicats).
- Tranche exonérée : relevée à 40 000 MAD de revenu net imposable annuel — un salarié au SMIG est désormais totalement exonéré d'IR.
- Taux marginal : ramené à 37 % pour les revenus supérieurs à 180 000 MAD (contre 38 % auparavant).
- Abattement forfaitaire salarial : 35 % lorsque le revenu brut annuel imposable est ≤ 78 000 MAD, 25 % au-delà — plafond commun de 35 000 MAD/an (art. 59-I du CGI, LF 2025).
- Déduction pour personnes à charge : 600 MAD par personne et par an (soit 50 MAD/mois), plafonnée à 6 personnes, soit 3 600 MAD/an maximum — article 74 du CGI.
- Nouveauté LF 2026 : le plafond de déduction des cotisations au Plan Épargne Retraite (PER) est doublé, passant de 25 000 à 50 000 MAD/an.
- Nouveauté LF 2026 : télédéclaration obligatoire pour tout contribuable dont le revenu annuel imposable dépasse 50 000 MAD — majoration de 15 % en cas de dépôt papier.
- Retenue à la source sur dividendes : 11,25 % en 2026, 10 % à compter du 1er janvier 2027 (art. 73-II-C-2° et 247-XXXVII-C du CGI).
- Retenue à la source sur honoraires versés à certaines professions libérales : 10 % — art. 73-II-G-8° et 157 bis du CGI (avocats, notaires, architectes, ingénieurs, vétérinaires, experts-comptables, médecins, dentistes, etc.).
- Retenue à la source sur dividendes : 11,25 % en 2026, 10 % à compter du 1er janvier 2027 (art. 73-II-C-2° et 247-XXXVII-C du CGI).
- Retenue à la source sur honoraires versés à certaines professions libérales : 10 % — article 73-II-G-8° et 157 bis du CGI (avocats, notaires, architectes, ingénieurs, vétérinaires, experts-comptables, médecins, dentistes, etc.).
- Régimes IR professionnels : Résultat Net Réel (RNR), Résultat Net Simplifié (RNS) (CA ≤ 4 M ou 2 M MAD selon activité), Contribution Professionnelle Unique (CPU) (CA ≤ 2 M ou 500 000 MAD).
Le nouveau barème IR au Maroc en 2026 : ce que dit l'article 73 du CGI
La Loi de Finances 2025 (loi n° 60-24), publiée au Bulletin Officiel de fin décembre 2024, a réécrit l'article 73-I du Code Général des Impôts pour introduire un barème progressif rééquilibré applicable dès le 1er janvier 2025. La Loi de Finances 2026 (loi n° 50-25), publiée fin décembre 2025 et commentée par la Note circulaire DGI n° 737 de février 2026, maintient ce barème et ajoute plusieurs mesures ciblées : doublement du plafond de déduction du Plan Épargne Retraite (25 000 → 50 000 MAD/an), généralisation de la télédéclaration au-delà de 50 000 MAD de revenu annuel, et harmonisation de plusieurs retenues à la source. Le barème est donc stable pour l'exercice 2026.
- Jusqu'à 40 000 MAD : 0 % (exonéré).
- De 40 001 à 60 000 MAD : 10 %.
- De 60 001 à 80 000 MAD : 20 %.
- De 80 001 à 100 000 MAD : 30 %.
- De 100 001 à 180 000 MAD : 34 %.
- Au-delà de 180 000 MAD : 37 %.
Formule rapide de calcul par la méthode de la somme à déduire
La méthode dite « du taux marginal moins somme à déduire » permet de calculer l'IR annuel sur revenu net imposable (RNI) d'une seule multiplication et d'une soustraction — c'est celle utilisée dans les logiciels de paie et les fiches DGI.
- RNI ≤ 40 000 : IR = 0.
- 40 001 ≤ RNI ≤ 60 000 : IR = RNI × 10 % − 4 000.
- 60 001 ≤ RNI ≤ 80 000 : IR = RNI × 20 % − 10 000.
- 80 001 ≤ RNI ≤ 100 000 : IR = RNI × 30 % − 18 000.
- 100 001 ≤ RNI ≤ 180 000 : IR = RNI × 34 % − 22 000.
- RNI > 180 000 : IR = RNI × 37 % − 27 400.
Comparatif ancien barème (2024) vs nouveau barème (2026)
| Tranche annuelle (MAD) | Taux 2024 | Taux 2026 |
|---|---|---|
| 0 – 30 000 (avant) / 0 – 40 000 (après) | 0 % | 0 % |
| 30 001 – 50 000 (avant) / 40 001 – 60 000 (après) | 10 % | 10 % |
| 50 001 – 60 000 (avant) / 60 001 – 80 000 (après) | 20 % | 20 % |
| 60 001 – 80 000 (avant) / 80 001 – 100 000 (après) | 30 % | 30 % |
| 80 001 – 180 000 (avant) / 100 001 – 180 000 (après) | 34 % | 34 % |
| Au-delà de 180 000 | 38 % | 37 % |
Trois évolutions structurantes : la tranche exonérée passe de 30 000 à 40 000 MAD, les seuils intermédiaires sont relevés de 10 000 MAD et le taux marginal supérieur est ramené de 38 % à 37 %. Le gain est réparti sur l'ensemble des tranches — pas seulement sur les bas revenus.
02 — SalariésIR sur salaires en 2026 : abattements, déductions et retenue à la source
Pour les salariés, l'IR est prélevé à la source par l'employeur au titre de l'article 156 du CGI et reversé mensuellement à la DGI via la plateforme SIMPL. La détermination du revenu net imposable suit un enchaînement précis : salaire brut → salaire brut imposable → salaire net imposable → IR brut → IR net.
Étape 1 — Du salaire brut au salaire brut imposable
Le salaire brut imposable (SBI) s'obtient en retranchant du salaire brut global les éléments exonérés énumérés à l'article 57 du CGI : indemnité de représentation (dans la limite de 10 % du salaire de base pour les cadres dirigeants), frais de déplacement justifiés, indemnité kilométrique dans la limite du barème DGI, allocations familiales de la CNSS, aide médicale complémentaire employeur dans la limite légale, tickets restaurant (jusqu'à 30 MAD/jour et 20 % du salaire brut imposable).
Étape 2 — Du salaire brut imposable au salaire net imposable
Le salaire net imposable (SNI) s'obtient en déduisant du SBI l'ensemble des frais professionnels et charges sociales prévus à l'article 59 du CGI :
- Frais professionnels forfaitaires — art. 59-I : 35 % du salaire brut imposable (net des cotisations obligatoires) lorsque le revenu brut annuel imposable est ≤ 78 000 MAD, et 25 % au-delà, dans la limite de 35 000 MAD par an (plafond fixé par la LF 2025 et maintenu par la LF 2026).
- Plan Épargne Retraite (PER) — art. 28-III : cotisations versées à un contrat individuel de retraite déductibles dans la limite de 50 000 MAD/an depuis la LF 2026 (contre 25 000 MAD auparavant), à condition d'une durée de souscription minimale de 8 ans et d'un premier versement avant 50 ans.
- Cotisations CNSS et AMO — part salariale, soit 6,74 % du salaire brut plafonné (cf. notre guide des charges sociales).
- Cotisations de retraite complémentaire souscrites auprès de compagnies d'assurance (CIMR, prévoyance) — art. 59-III-2°, dans la limite de 50 % du SBI ou 10 % selon les cas.
- Intérêts d'emprunt logement principal : 10 % du SBI — art. 28-II.
- Remboursement de crédit-logement Mourabaha : rémunération convenue d'avance dans la même limite — art. 59-V.
Étape 3 — De l'IR brut à l'IR net
L'IR brut se calcule sur le SNI annualisé au barème de l'article 73. On en retranche ensuite les déductions sur impôt :
- Charges de famille — art. 74 : 600 MAD par personne à charge et par an (soit 50 MAD/mois), dans la limite de 6 personnes — conjoint + enfants — soit un maximum de 3 600 MAD par an. Les enfants sont pris en compte jusqu'à 27 ans s'ils poursuivent leurs études ; sans limite d'âge pour les personnes handicapées.
- Autres crédits d'impôt : impôt étranger imputable dans le cadre de la convention fiscale applicable.
Trois cas pratiques d'IR sur salaires en 2026
Cas 1 — Salarié cadre, 15 000 MAD brut/mois, marié 2 enfants
Hypothèses : salaire brut annuel = 180 000 MAD, marié + 2 enfants = 3 personnes à charge.
- Salaire brut imposable (SBI) = 180 000 MAD.
- Cotisations sociales part salariale déductibles : CNSS 4,48 % × 72 000 (plafond 6 000 MAD/mois) + AMO 2,26 % × 180 000 ≈ 3 226 + 4 068 = 7 294 MAD.
- Assiette des frais professionnels = 180 000 − 7 294 = 172 706 MAD ; taux applicable : 25 % (SBI > 78 000 MAD) ; frais bruts = 43 176 MAD, plafonnés à 35 000 MAD.
- Salaire net imposable (SNI) = 172 706 − 35 000 = 137 706 MAD.
- IR brut = 137 706 × 34 % − 22 000 = 46 820 − 22 000 = 24 820 MAD.
- Déduction charges de famille = 3 × 600 = 1 800 MAD.
- IR net annuel ≈ 23 020 MAD, soit environ 1 918 MAD/mois.
À titre de comparaison, avec l'ancien barème 2024 (frais professionnels 20 % plafonnés à 30 000 MAD, taux marginal 38 %, charges de famille 360 MAD/pers), le même salarié aurait acquitté environ 29 000 MAD d'IR annuel, soit une économie de l'ordre de 6 000 MAD/an après la réforme LF 2025 confirmée par la LF 2026.
Cas 2 — Salarié SMIG, 3 500 MAD brut/mois, célibataire
Salaire brut annuel = 42 000 MAD (≤ 78 000 MAD ⇒ taux forfaitaire de 35 %).
- SBI = 42 000 MAD.
- Cotisations sociales déductibles ≈ 42 000 × 6,74 % = 2 831 MAD.
- Assiette des frais professionnels = 42 000 − 2 831 = 39 169 MAD ; frais = 35 % × 39 169 = 13 709 MAD.
- Salaire net imposable = 39 169 − 13 709 = 25 460 MAD.
- SNI < 40 000 MAD ⇒ IR = 0 MAD.
Grâce au relèvement de la tranche exonérée à 40 000 MAD, un salarié au SMIG et de très nombreux salariés du secteur privé sortent complètement du champ de l'IR — un des effets les plus marquants de la réforme.
Cas 3 — Cadre supérieur, 40 000 MAD brut/mois, marié 3 enfants
Salaire brut annuel = 480 000 MAD, 4 personnes à charge.
- SBI = 480 000 MAD.
- Cotisations sociales déductibles : CNSS 4,48 % × 72 000 + AMO 2,26 % × 480 000 ≈ 3 226 + 10 848 = 14 074 MAD.
- Assiette des frais = 480 000 − 14 074 = 465 926 MAD ; frais 25 % = 116 481 MAD, plafonnés à 35 000 MAD.
- Salaire net imposable = 465 926 − 35 000 = 430 926 MAD.
- IR brut = 430 926 × 37 % − 27 400 = 159 443 − 27 400 = 132 043 MAD.
- Déduction famille = 4 × 600 = 2 400 MAD.
- IR net ≈ 129 643 MAD/an, soit environ 10 804 MAD/mois.
Sur les hauts revenus, la baisse du taux marginal de 38 % à 37 % combinée au plafonnement des frais à 35 000 MAD produit une économie annuelle de l'ordre de 4 000 à 5 000 MAD par rapport à l'ancien barème.
03 bis — Nouveautés LF 2026Ce que change spécifiquement la Loi de Finances 2026 (loi n° 50-25)
La Loi de Finances 2026, promulguée fin décembre 2025, ne modifie pas le barème lui-même — la réforme structurelle a été portée par la LF 2025. Elle apporte en revanche plusieurs mesures ciblées d'accompagnement, détaillées par la Note circulaire DGI n° 737 publiée en février 2026 :
- Plan Épargne Retraite (PER) : le plafond annuel de cotisations déductibles de l'IR passe de 25 000 à 50 000 MAD. Pour un contribuable dans la tranche à 34 %, l'économie potentielle atteint 8 500 MAD/an supplémentaires (contrats commercialisés par Wafa Assurance, RMA, AtlantaSanad, AXA Assurance Maroc et opérateurs agréés).
- Télédéclaration IR obligatoire : dès 2026, tous les contribuables dont le revenu annuel imposable dépasse 50 000 MAD doivent télédéclarer via SIMPL-DGI (tax.gov.ma). La déclaration papier n'est admise que pour les revenus inférieurs à 50 000 MAD et les contribuables de plus de 70 ans. Sanction en cas de dépôt papier non éligible : majoration de 15 % de l'impôt dû.
- Harmonisation des retenues à la source sur droits de location afférents à l'affrètement, la location et la maintenance des navires affectés au transport maritime international — exonération introduite par la LF 2026 (article premier).
- Continuité 2026 : barème article 73-I, abattements article 59, charges de famille article 74, régimes RNR/RNS/CPU des articles 32 à 43 — inchangés.
IR sur revenus professionnels : régimes RNR, RNS et CPU
Les professions libérales (avocats, notaires, médecins, dentistes, architectes, ingénieurs-conseils, experts-comptables, vétérinaires…) et les indépendants déterminent leur revenu professionnel selon l'un des trois régimes prévus par l'article 32 du CGI. Le barème IR appliqué est le même que celui des salariés (article 73), sans abattement de 35 % (qui est propre aux salariés).
Résultat Net Réel (RNR) — art. 33 du CGI
Régime de droit commun. Le résultat imposable est déterminé par différence entre produits et charges selon les règles comptables du CGNC, comme pour l'IS. Comptabilité complète obligatoire (journal, grand-livre, balance, inventaire, états de synthèse). Ce régime est impératif pour toute entreprise dont le chiffre d'affaires dépasse les seuils du RNS.
Résultat Net Simplifié (RNS) — art. 38 du CGI
Régime optionnel pour les contribuables dont le chiffre d'affaires HT n'excède pas :
- 4 000 000 MAD pour les activités commerciales, industrielles, artisanales, armateurs ;
- 2 000 000 MAD pour les prestataires de services et les professions libérales.
Comptabilité allégée (registre des recettes et dépenses), pas d'états de synthèse ; les provisions et le report déficitaire ne sont pas admis.
Contribution Professionnelle Unique (CPU) — art. 40 à 43 du CGI
Instituée par la Loi de Finances 2021 en remplacement du régime du forfait, la CPU est un régime libératoire qui remplace à la fois l'IR, la taxe professionnelle et la taxe de services communaux. Elle s'applique sur option aux personnes physiques exerçant une activité professionnelle dont le chiffre d'affaires HT n'excède pas :
- 2 000 000 MAD pour les activités commerciales, industrielles, artisanales, armateurs ;
- 500 000 MAD pour les prestataires de services et les professions libérales.
Le contribuable applique un coefficient de bénéfice spécifique à son activité (fixé par l'arrêté annexe à l'article 40) à son chiffre d'affaires, puis un taux d'IR forfaitaire de 10 % sur la base ainsi obtenue, complété par une contribution complémentaire (droits complémentaires forfaitaires par tranches de CA) destinée à financer la couverture sociale des travailleurs non salariés (AMO-TNS).
- Les avocats, notaires, adouls, huissiers, interprètes, vétérinaires, architectes, géomètres-topographes, ingénieurs-conseils, experts-comptables sont exclus de la CPU et du RNS lorsque leur CA dépasse les seuils, et sont soumis obligatoirement au RNR.
- Les médecins et dentistes exerçant à titre individuel peuvent bénéficier du RNS ou de la CPU dans les limites de CA — ils sont exonérés de TVA (art. 91-I-C-1° du CGI). Voir notre guide dédié : comptabilité des professions libérales de santé.
Cas 4 — Médecin libéral en CPU, CA 480 000 MAD
Un médecin généraliste exerçant à titre individuel, CA HT annuel = 480 000 MAD. Coefficient de bénéfice pour l'activité médicale = 25 % (arrêté d'application de l'article 40).
- Base imposable = 480 000 × 25 % = 120 000 MAD.
- IR CPU = 120 000 × 10 % = 12 000 MAD.
- Droits complémentaires forfaitaires (AMO-TNS) selon tranche de CA — pour un CA compris entre 250 000 et 500 000 MAD : 2 400 MAD.
- Total IR + droits complémentaires ≈ 14 400 MAD/an.
À comparer au régime RNR : si le résultat net réel du même praticien est de 220 000 MAD (charges déductibles = 260 000 MAD), l'IR au barème serait : 220 000 × 37 % − 27 400 = 53 000 MAD. La CPU reste très avantageuse pour les praticiens à faible taux de charge ; le RNR devient pertinent dès que les charges dépassent 65-70 % du chiffre d'affaires ou en cas d'investissements amortissables importants.
05 — DirigeantsArbitrage salaire vs dividendes pour le dirigeant de SARL
Un dirigeant de SARL peut être rémunéré de deux manières : salaire de gérance (soumis à l'IR sur salaires + charges sociales CNSS-AMO) ou dividendes (soumis à l'IS au niveau de la société puis à la retenue à la source de 11,25 % en 2026, ramenée à 10 % en 2027 — art. 73-II-C-2° du CGI).
Cas 5 — Dirigeant, bénéfice avant IS et rémunération = 600 000 MAD
Comparons deux stratégies pour extraire 400 000 MAD au dirigeant, la société étant une SARL soumise à l'IS de droit commun (20 % pour un bénéfice < 100 M MAD) :
| Poste | Salaire (400 K brut) | Dividendes |
|---|---|---|
| Rémunération brute | 400 000 | — |
| Charges sociales patronales (~21,09 % plafonnées) | ~ 30 000 | — |
| Résultat imposable IS | 170 000 | 600 000 |
| IS (20 %) | 34 000 | 120 000 |
| Résultat net distribuable | 136 000 | 480 000 |
| Retenue à la source dividendes (11,25 %) | — | 54 000 |
| IR salaire (net, après abattement 35 000 + cotisations) | ~ 106 000 | — |
| Net perçu dirigeant | ~ 267 000 | 426 000 |
| Total prélèvements (IS + IR + charges + RAS) | ~ 170 000 | 174 000 |
À montants comparables, les dividendes restent souvent plus efficients pour extraire des sommes importantes — mais le salaire ouvre des droits sociaux (retraite, indemnités journalières, allocations familiales) et sécurise juridiquement la rémunération du gérant. L'arbitrage doit être chiffré au cas par cas et intégrer la stratégie personnelle du dirigeant. Voir notre guide fiscalité SARL.
06 — Retenues à la sourceLes principaux taux d'IR à la source en 2026
- Dividendes distribués : 11,25 % en 2026, 10 % en 2027 (art. 73-II-C-2° et 247-XXXVII-C).
- Intérêts servis par les banques et OPCVM (personnes physiques) : 30 % libératoire — art. 73-II-D.
- Intérêts des placements à revenu fixe (autres, personnes ne déclinant pas identité) : 30 % libératoire.
- Honoraires versés à certaines professions libérales (avocats, notaires, architectes, ingénieurs, vétérinaires, experts-comptables, médecins, dentistes…) : 10 % — art. 73-II-G-8° et 157 bis (imputable sur l'IR annuel).
- Rémunérations versées à des non-résidents : 10 % ou 15 % selon nature — art. 73-II-B-1° et art. 15.
- Profits de cession de valeurs mobilières (actions cotées) : 15 % libératoire — art. 73-II-F-2°.
- Profits de cession de valeurs mobilières (actions non cotées, OPCVM diversifiés) : 20 % libératoire.
- Profits fonciers (cession d'immeubles) : 20 % libératoire avec un minimum de 3 % du prix de cession — art. 73-II-F-6° (30 % pour les terrains urbains détenus < 4 ans, dispositif de lutte contre la spéculation).
- Revenus fonciers (locations) : barème progressif 10 % jusqu'à 120 000 MAD annuels et 15 % au-delà — art. 73-II-B-3° (abattement de 40 % applicable jusqu'en 2022 supprimé depuis).
Déclarations IR : calendrier et supports en 2026
- Salariés monosalariés : pas de déclaration annuelle si le seul revenu est un salaire déjà soumis à retenue à la source (art. 86-1°).
- Salariés pluriemployeurs, dirigeants, professions libérales : déclaration annuelle modèle ADP010F-16E avant le 28 février (art. 82).
- Revenus professionnels (RNR, RNS) : déclaration avant le 31 mars, télétransmission obligatoire sur SIMPL-DGI.
- CPU : déclaration et paiement avant le 1er avril (art. 82 ter).
- Employeurs : déclaration annuelle des traitements et salaires (DTS) avant le 28 février (art. 79).
- Profits fonciers : déclaration dans les 30 jours suivant la cession, paiement spontané.
Comment NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils sécurise votre IR
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NEXORA Expertise Comptable, Audit et Conseils accompagne les particuliers à hauts revenus, les dirigeants de sociétés et les professions libérales pour :
- Simuler l'IR annuel — salaires, revenus professionnels, fonciers, mobiliers, plus-values ;
- Chiffrer l'arbitrage salaire vs dividendes pour le dirigeant de SARL, SA ou SCA ;
- Optimiser le régime IR pro (choix entre RNR, RNS et CPU) et sécuriser la comptabilité ;
- Établir la déclaration annuelle d'IR (revenus professionnels, fonciers, mobiliers, étrangers) ;
- Gérer les retenues à la source (honoraires 10 %, dividendes, revenus fonciers) ;
- Assister le contribuable en cas de vérification fiscale IR ou de proposition de rectification DGI.
Sources officielles et références
- Direction Générale des Impôts (DGI) — tax.gov.ma — Code Général des Impôts 2026, articles 22 à 91 et 156 à 160.
- Loi de Finances 2026 (loi n° 50-25) — Bulletin Officiel du Royaume du Maroc, promulguée fin décembre 2025, mesures IR et harmonisations sectorielles.
- Note circulaire DGI n° 737 — février 2026 — Commentaires administratifs des mesures fiscales de la LF 2026 (texte intégral).
- Loi de Finances 2025 (loi n° 60-24) — Bulletin Officiel de fin décembre 2024, réforme structurelle de l'article 73-I du CGI (nouveau barème IR).
- Accord tripartite du 29 avril 2024 — Gouvernement — CGEM — Syndicats (UMT, CDT, UGTM) — feuille de route de la réforme IR.
- Ministère de l'Économie et des Finances — finances.gov.ma.